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88. A chacun son quartier.

Publié le 21 septembre 2025 dans Instants d'humanité

Là c'est le centre du village, le quartier de l'église et du Cygne.

    Cette constatation que chacun avait son quartier, m'était venue alors que je traversais le village pour m'en aller contre le lac. J'aime à ce que les choses restent à leur place, que rien ne change, qu'il y ait une forme d'immobilité qui nous rassure, nous empêche d'avoir à changer ses habitudes, à subir la transformation permanente d'un village. Ce n'est pas le cas. On reconnaît le centre pour n'avoir guère changé. Ni le haut, ni le bas, seules les franges accueillent de nouvelles maisons. Pour le reste, on doit l'avouer, l'enfance n'est pas loin. Tenez, quand je monte cette ruelle que l'on appelle Crêt-du-Puits, arrivé à peine plus haut que sa maison, à Hector, je pense encore parfois aux Artima qu'il me prêtait. C'était le bon temps. Celui où certes l'on ne savait  pas ce que l'on ferait  plus tard, mais où l'on avait la chance de pouvoir s'en ficher. Ce sera pour plus tard, dans un monde qui peut-être ne nous appartiendrait  plus, puisque tout aurait  changé.     

    Heureusement ce n'est pas le cas. Et je peux encore faire le compte de ceux que j'ai connus en ces temps-là et qui habitent la maison de leurs parents  devenue la leur. Cette continuité est de bon aloi. C'est que votre village n'est pas encore tout à fait dépeuplé des anciens, qu'il garde un passé, que le présent fait lui aussi partie de cette longue ligne de temps qui est faite justement plus du passé que de l'avenir que l'on ne connaît pas et qu'il nous arrive de redouter. 

    Vivent les quartiers et s es habitants que l'on a connus depuis toujours.