Au soleil, le dos appuyé au mur de chaux qui est chaud du soleil! Devant lui la clairière ronde, comme il l'appelait, un peu sur la hauteur le chalet. Il voyait le Mont-Tendre depuis quelques années, à cause qu'il avait fallu abattre nombre d'arbres devenus tout secs. Une hécatombe. Celle-ci avait eu au moins cela de positif, que désormais on voyait un peu plus loin que la clairière, que le regard pouvait porter sur ces crêtes arrondies où en septembre se découvrait parfois les premières neiges. Une ouverture. L'impression que quand même il pouvait communiquer avec les bergers des autres alpages. C'était certes une vue de l'esprit, une invention, néanmoins il se passait quelque chose désormais, on n'était plus aussi seul. Il appréciait cette situation.
Et sur son banc, surtout, au soleil, à regarder tout cela, il était rudement bien. Il n'aurait pas voulu être ailleurs pour un empire.


