La plus grande des émotions se dégage de l'écurie, et même que désormais elle est vide de tout bétail. C'est là que celui-ci pendant des siècles, on peut le dire, a vécu de connivence avec l'homme. Là que les vaches ont été traites, que les veaux sont nés, là que jour après jour, sans interruption, il a fallu pour l'éleveur s'occuper de ses bêtes. On en a vu mourir de telle ou telle maladie, on a vu des vêlages difficiles voire dramatiques.
L'écurie était chaude. La présence du bétail était réconfortante. Certes, le travail était de tous les jours, et même de deux fois par jour. Mais si on aimait ses bêtes, si le bétail était bon et donnait une bonne pinte de lait, la satisfaction était au bout de l'ouvrage. Et puis le lait, outre qu'il permettait d'élever un veau, servait aussi pour toute la famille. Avec le surprlus, on fabriquait du fromage. Tout cela permettait de vivre quelque peu en autarcie, sauf que les cultures locales de maïs ne permettaient pas de durer toute une année avec la farine que l'on produisait. Il fallait donc compléter avec du maïs venu de la plaine, que nous livrait un muletier qui montait une fois la semaine. Ainsi n'était-il pas nécessaire de descendre trop souvent au village.
L'écurie maintenant vide, se souvient.


