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20. Quand un Piguet du Bas du Brassus s'en va en Amérique avec toute sa famille (1880).

Publié le 11 février 2018 dans Les Emigrants

Tels étaient ces navires où l'on embarquait...

    J'ai dit que latable était bien servie, parlons-en, parlons de nourriture et de l'aménagement des cabines, car à bord manger et dormir sont à peu près les seules occupations auxquelles on puisse se livrer, et plusieurs s'y livrent...! Je ne vous dis que ça. Nous faisons cinq repas par jour, premier déjeuner à 7 heures, second à 10 heures, premier diner à une heure, diner principal à 5 heures et souper à 8 heures. La table était généralement pourvue de tout en abondance, seulement la quantité primait la qualité, le vin de bon qu'il était devint exécrable, personne n'en buvait plus, avait-il tourné en mer, ou lui en avait-on substitué un autre ? Mystère. Une chose était particulièrement bonne, les soupes, chacun en mangeait avec plaisir, le matin de bonne heure c'était la soupe à l'oignon, que le maître d'hôtel venait nous apporter au lit; cela vous réveillait agréablement. Nous nous levions généralement tard, juste à temps pour assister au déjeuner de 10 heures, puis nous allions sur le pont aspirer l'air pur et frais... j'allais dire de nos montagnes, mais hélas elles sont bien loin, nos montagnes!