1966. Incendie du 25 février du village de l'Abbaye
Le village de l'Abbaye brûle, photo de Paul-Louis Mouquin
    Cette année là, 1966, le 25 février, une partie importante du village de l'Abbaye, celle-là même qui avait été construite sur les ruines de l'ancien monastère, brûlait. Perte archéologique importante. Il ne serait plus possible désormais de constater de visu quels pouvaient être les vestiges glorieux de cet établissement prémontré.
    On ne pensa pas à reconstruire. Plutôt  à faire des places de parc. C'est qu'il y avait en cours la réalisation du grand téleski du lac de Joux et qu'excité au suprême degré, on aurait été prêt à raser le visage en entier  pour parquer les voitures qui allaient affluer par cent, par mille!
    Ainsi disparurent les éléments qui avaient constitué l'ancien monastère. Seule furent sauvées les parties d'une arcade qui fut remise en place plus tard par la volonté de Charles-Edouard Rochat, du pasteur de la paroisse, Guy Chautemps, ainsi que du docteur Convert.
    Réouissante nouvelle apprise des décennies après le sinistre, la plupart des éléments d'origine du couvent avait été repris par un privé, pièces diverses qui atterrirent ensuite, on ne sait à la suite de quel cheminement, dans les locaux cantonaux de Lucens. Ils y sont encore. Avis aux amateurs.
    Le village de l'Abbaye allait retrouver une configuration toute nouvelle en son centre, naturellement plus aérée, tandis qu'auparavant vous aviez en place deux ruelles très resserrés. Les photos de l'incendie plutôt que celles de l'époque ayant précédé le sinistre, permettront de se faire une vague idée de ce vieux village. Chose étrange, des gens avaient vécu là depuis des siècles, les derniers avaient possédé des appareils de photos et pourtant, pour mettre la main sur une seule d'entre elles, c'est d'une difficulté inouïe. Il est même possible que le service cantonal d'archéologie n'en posséde aucune. Il est ainsi des trous, non seulement dans notre documentation personnelle, mais aussi dans celle que l'on pourrait qualifier d'officielle. C'est là un vide consternant.
    Les deux ouvrages consacrés à Auguste Reymond certes montrent chacun le vieux village de l'Abbaye. Mais ces clichés ont été pris des hauts, avec pour conséquence que l'on ne voit guère que des toits et qu'il est difficile par ceux-ci de reconstituer le plan général du quartier, avec surtout vue sur les anciennes maisons.