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104. Sur le vieux perron.

Publié le 15 juin 2026 dans Instants d'humanité

Vers 1952-1953, la famille Tsun au devant de la maison.

    Le vieux perron, c'est là, pour ce qui est de l'extérieur de la maison, où nous avons passé le plus de temps. De là nous avons vu vivre le village, nous l'avons même, en l'espace d'une bonne douzaine d'années, vu évoluer. Ainsi le remblai complet de la place du village, aura donné naissance à la station d'essence et au vaste espace qui le précède, tandis que le Vieux-Moulin disparaissait sous-terre. En même temps que la laiterie se voyait en partie enterrée. On ne constatait  pas directement les travaux de remblayage, néanmoins on savait qu'ils avaient lieu. 

    Le village vu du vieux perron. En belle saison les hirondelles, innombrables. Les étincelles vues par la fenêtre à raz terre de la forge. Les paysans qui passent, les chars de foin, les machines, tout le branle-bas du coeur de l'été. En hiver, protégé de l'avant-toit, on y a aussi vu tomber la neige sur le village. Tout ce blanc, toute cette pureté soudain. 

    On y était bien. Il ne semble pas qu'il y eut jamais de mauvais courant. Un espace pour nous accueillant. Pour ces heures où vous avez les côtes en long. Et surtout aucune envie de ne rien faire. Juste peut-être aller rebouiller dans la remise, là où sont les outils, et cette autre, à l'arrière de la maison, qui fut notre royaume alors que nous avions cinq ou six ans et que nous nous voyions déjà à chaque vacance, le cousin et moi. 

    Rien que des beaux souvenirs. Le ciment est chaud. La pierre brûlante. Car ce bon vieux soleil était déjà là, qui compterait pour beurre toutes les années qui nous sépare aujourd'hui d'une époque d'il y a pas loin de septante ans en arrière. Soixante-dix,  diraient nos amis français qui ne sauront décidemment jamais parler comme nous!