C'était le champ le plus pentu du domaine. On n'y récoltait guère qu'un petit foin de montagne qui craquait sous les pieds. Il y faisait parfois une chaleur à vous brûler la couenne, car on était là en plein levant et il arrivait que le soleil ait brûlé ce coteau du matin au soir.
Plus tard, champ de peu de rendement, notre père s'en déchargea d'une bonne moitié, toute la partie du haut étant désormais plantée de centaines de sapins qui devaient croître et atteindre les plus de vingt mètres tandis qu'on prenait de l'âge. A la réunion parcellaire, le nouveau propriétaire, laissa le champ en l'état, si bien que les résineux que l'on y trouvait pouvaient encore grandir.
Les Rondelets. On a complètement oublié ce que voulait dire ce nom si étrange appliqué à une pente certes très raide, mais sans aspérités majeures.


